Les cyclops, gammares et ostracodes

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Les cyclops, gammares et ostracodes

Message par Admin le Jeu 28 Sep - 21:38

Les cyclops




Les Cyclops ont une longueur qui fluctue de 0, 5 à 5 mm. Le corps est clairement divisé en deux zones : la partie antérieure, de forme ovale, est constituée par la tête et les 5 premiers segments thoraciques. La partie postérieure, bien plus mince, est constituée du 6e segment thoracique et des 4 segments abdominaux, prolongés par deux appendices caudaux. Les Cyclops ont 5 paires de pattes, même si elles ne sont pas forcément particulièrement visibles.

Les Cyclops se nourrissent de protozoaires (paramécies par exemple) et de petits crustacés (daphnies), mais également de débris animaux et végétaux.

La première paire d'antennes, assez longue, est utilisée par le mâle pour agripper la femelle pendant l'accouplement. Les femelles portent les œufs dans deux petits sacs accrochés à son corps. Les larves, de type Nauplius, sont nageuses.

Le genre Cyclops est particulièrement cosmopolite en eau douce, et moins habituel en eau saumâtre. Ces espèces vivent dans les plans d'eau stagnants ou à courant faible, près des rives couvertes de végétation le plus souvent.


Les Cyclops servent de nourriture à beaucoup de poissons et d'alevins. C'est une source de nourriture d'autant plus importante que leur reproduction est rapide. Ils sont de fait un élément important des réseaux alimentaires aquatiques naturels.


Les gammares




Qu’est-ce qu’un Gammare ?

Les gammares sont une famille de petits crustacés d’eau douce que l’on trouve dans les cours d’eau ou les eaux stagnantes. Une des espèces de gammares les plus communes dans les ruisseaux de France répond au nom latin de Gammarus pulex : c’est l’espèce présentée sur les photos de cet article. On reconnaît facilement les Gammaridae car leur corps est très comprimé, et de ce fait ils se déplacent généralement sur le côté.
Les gammares (de l’ordre des Amphipodes), sont parfois surnommées "crevettes d’eau douce". En réalité, ils sont cependant assez éloignés des "vraies" crevettes (de l’ordre des Décapodes).
Les gammares sont parfois confondus avec les aselles qui vivent également dans les mares et cours d’eau, mais la distinction est relativement simple à faire : les gammares ont le corps comprimé sur les côtés (leur corps est étroit et haut), alors que les aselles sont comprimées "dorso-ventralement", leur corps est donc large et aplatit.

Quel rôle les gammares jouent-ils dans l’écosystème ?

Les gammares sont des animaux très importants dans le fonctionnement des cours d’eau car ils se nourrissent de matière organique, comme par exemple des feuilles mortes qui tombent dans les rivières. Leur alimentation se compose aussi d’algues et de débris organiques d’origine animale.
Ils participent donc activement aux cycles biologiques qui ont lieu dans les cours d’eau et dans les eaux stagnantes comme les mares, les étangs et les bassins.

En plus de dégrader la matière organique, ce sont des proies de choix pour de nombreux poissons comme la carpe ou la truite. Ils sont également prédatés par divers amphibiens (crapauds, grenouilles, tritons et salamandres), ainsi que par d’autres invertébrés aquatiques comme les larves de libellules ou de dytiques.

C’est en partie pour ces raisons que les gammares sont souvent considérés comme des organismes bioindicateurs de l’environnement. Leur présence est prise en compte dans les IBGN, des études qui visent à déterminer la qualité écologique de nos rivières.

Quel est le cycle de vie du Gammare ?

Les jeunes gammares naissent identiques aux adultes. Ils se développent rapidement par mues successives au fur et à mesure de leur croissance. Après quelques mois, lorsqu’ils sont adultes, les mâles cherchent activement des femelles. Les femelles gammares sont beaucoup plus grosses que les mâles, il est donc assez facile de les distinguer des mâles adultes. Une fois qu’un mâle a trouvé une partenaire, il se cramponne à elle avec ses pattes avant durant plusieurs heures, voire plusieurs jours, afin de s’assurer qu’il sera le seul mâle à féconder les oeufs. Durant cette période, la femelle continue à se déplacer et à se nourrir avec le mâle accroché sur son dos, on dit que les gammares forment un amplexus.
La femelle garde ensuite les oeufs fixés pendant plusieurs semaines sous son corps, puis, lorsque les larves sont assez développées, elle les libère en pleine eau (voir la très émouvante photo de l’article avec une jeune larve de gammare en train de quitter sa mère).

Les Gammares, la pêche et l’aquariophilie

En aquariophilie, les gammares sont élevés pour nourrir les poissons ou pour dégrader la matière organique piégée dans les filtres d’aquariums. Leur pêche dans le milieu naturel est cependant déconseillée car les gammares sont les hôtes intermédiaires de certains parasites susceptibles de se développer dans les poissons et les oiseaux. Les gammares sont donc vendus vivants ou séchés et lyophilisés pour l’alimentation des poissons d’aquarium ou des reptiles. Pour la pêche à la ligne des poissons destinés à l’alimentation, il existe également des appâts en plastiques imitant la forme des aselles et gammares et destinés à attirer de nombreux poissons d’eau douce.

Les ostracodes

Les Ostracodes sont des petites crustacés, entre 0,1 et 3mm, qui comptent environ 8000 espèces, et qui ont fait leur apparition sur terre durant le cambrien entre 500 et 543 millions d'années.

Ils se trouvent sur tous les continents, aussi bien dans les rivières et lacs d'eau douce, que dans les fonds des océans.

Ils ont un organisme mal différencié et rudimentaire. Leur corps mou est entouré d'une carapace calcaire protectrice, dure chez les espèces marines, douce et fine chez les espèces d'eau douce, ressemblant à un minuscule haricot de couleurs variées selon les espèces. Ils peuvent avoir un ou deux yeux, voire pas du tout. Tout comme les moules, leur carapace possède deux valves d'où le nom commun de "crevette moule". Ils muent régulièrement tout au long de leur vie qui dure quelques mois et laissent derrière eux des carapaces vides qui sont souvent confondues avec des individus morts. Il leur suffit d'une journée pour se constituer une nouvelle carapace.

Leurs sexes, doubles, sont en revanche très bien différenciés, et bien que la reproduction pour certaines espèces puisse être parthénogénétique il existe des Ostracodes mâles et des Ostracodes femelles. Après l'accouplement les œufs sont déposés sur le substrat ou flottent en suspension dans l'eau comme le plancton. Les oiseaux contribuent à leur dissémination par ingestion de leurs œufs qui sont résistants aux sucs gastriques.

Ils se déplacent principalement en rampant pour s'enfouir dans les sédiments, mais d'autres arrivent à se déplacer en nageant grâce à 7 paires d'appendices qui leur servent de propulseurs.



En étudiant leur emplacement et l'état de leur carapace fossilisée, les paléontologues sont en mesure de déterminer la profondeur de l'eau, de la salinité, de la sédimentation, de la température et d'autres facteurs écologiques. Leurs fossiles sont utilisés par l'industrie pétrolière pour détecter des réserves pétrolières potentielles. Parfois, les fossiles d' Ostracodes sont si importants qu'ils forment des roches appelées lumachelle: roche sédimentaire fossilisée contenant un grand nombre d'organismes fossiles dont les carapaces d'Ostracodes.

Quel est leur intérêt pour les aquariophiles?

Premièrement, ces crustacés sont détritivores et filtreurs, ils se nourrissent des matières organiques en décomposition, des algues, des particules en suspension, de plantes microscopiques ou de phytoplancton. Ils sont donc utiles dans les aquariums pour leur capacité à éliminer les déchets grossiers d'une manière naturelle, avec les Aselles ils permettent de maintenir l'eau d'un aquarium non-filtré propre et saine.

Deuxièmement, ils constituent une source de nourriture naturelle, des proies vivantes qui permettent de maintenir en éveil l'instinct de chasseur chez nos poissons.

Enfin, en introduisant des Aselles et des Ostracodes dans un aquarium on peut s'amuser à recréer un semblant de chaîne alimentaire et un biotope vivant, un morceau de ruisseau dans un espace relativement restreint qui devient ainsi plus captivant.


Ils ne représentent aucun danger pour les poissons, et contrairement à ce que l'on pourrait penser ils sont très intéressants à observer.

Ils sont des bio-indicateurs.

Leur prolifération dans un bac indique une accumulation trop importante de déchets, et si l'on souhaite réduire leur nombre, il suffit d'éliminer systématiquement les débris sur le substrat, et de nettoyer régulièrement les vitres pour voir leur population diminuer. Mais dans un aquarium équilibré leur population est régulée par la seule présence des prédateurs que sont les poissons.

Culture d' Ostracodes.

Si l'on répugne à les introduire directement dans un aquarium d'ensemble, on peut en faire la culture dans un récipient quelconque placé à l'abri du soleil direct. Dans le contenant on peut mettre des feuilles mortes réduites, noisetier, chênes, catappa ou aulnes qui feront office de substrat. Il est dit qu'ils n'aiment pas une température supérieure à 23° et inférieure à 15°; personnellement j'ai maintenu les miens à l'extérieur aux alentours de 2° et ils se portaient très bien, en revanche je pense qu'effectivement une température élevée ne leur convient pas toujours.

J'ai remarqué qu'ils aimaient l'eau verte bourrée de phytoplancton, et c'est dans cette eau qu'ils se reproduisaient le plus et qu'ils étaient le plus actifs. Cet été, lorsque je les ai mélangés avec les Daphnies, ils ont pratiquement disparus, mais pas leur œufs, ainsi ils réapparaitront dès que les Daphnies disparaitront à leur tour à cause de l'hiver et que les conditions climatiques leur seront plus favorables. Une disparition des Ostracodes ne veut pas dire que la souche est entièrement décimée, elle est toujours présente mais sous forme d'œufs qui attendent simplement des conditions plus favorables pour éclore et redémarrer une nouvelle génération.

On peut les nourrir avec un peu de paillettes de spiruline écrasées finement, des morceaux de plantes aquatiques abîmées ou des restes de légumes cuits distribués en petits morceaux.

Les Corydoras et les Betta Splendens en raffolent comme tous les poissons ayant une bouche assez grande pour pouvoir les ingérer.


Pour terminer, ils sont les premiers organismes apparus sur notre planète juste après la première cellule à noyau, et sont toujours présents aujourd'hui, c'est dire combien ils sont résistants, de quelle faculté d'adaptation ils ont fait preuve et combien ils méritent notre respect.
En ce qui me concerne il m'est inconcevable de m'en passer. J'espère avoir réussi à vous transmettre mon enthousiasme et l'envie de les adopter à votre tour.

Il est possible, aujourd'hui, de s'en procurer facilement pour quelques euros chez Aqualiment.
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